FESTIV'ART PHOTO

le festival des auteurs photographes et des oeuvres photographiques

Philippe ISABEY (Conflandey)

Comment as-tu commencé la photographie, et pourquoi la continues-tu ?

Mon enfance a été ponctuée par ces promenades dans la nature ; celles qui apprennent à vivre doucement et à voir autrement. Combien de fois j’ai écarquillé les yeux sur une coccinelle préparant son envol ou sur des espaces infinis et grandioses…
Ainsi au fil des rivières, au cœur des bois ou au milieu des champs, mon émerveillement n’a cessé de grandir. Avec l’âge, nourrit de cette passion pour cet « ordinaire extraordinaire », comme j’aime à l’appeler aujourd’hui, j’ai voulu graver mes souvenirs dans l’image. C’est donc naturellement que je suis venu à la photographie… A moins que ce ne soit l’inverse !
Au commencement ce n’était donc guère plus qu’un hobby, mais avec les années c’est devenu un exutoire à une vie « industrieuse » et urbaine, où on ne prend plus le temps de s’arrêter, de regarder ou de sentir ; ma réponse à une existence faite de métal et de pierre où le calme n’a pas sa place !
Alors si on me demande pourquoi je photographie, c’est comme si on me demandait pourquoi je respire. C’est tout simplement à présent une nécessité impérieuse et vitale. Et puis pourquoi toujours mettre des mots sur les actes, comme pour justifier ses gestes ? Si j’avais su le faire j’aurais plutôt été écrivain…
Ma démarche si l’en est une, car par nature, comment rationaliser ce qui touche si profondément à l’émotionnel, tient peut-être en ces quelques mots : Ouvrir des fenêtres pour ceux qui veulent regarder plus loin…
Une photographie c’est « un petit bout de rêve déposé dans un écrin du réel ».

Couleur, noir et blanc, argentique, numérique ? Pourquoi ces choix ?

Comme beaucoup j’ai fait mes premières images avec un argentique. Un olympus Om-2 chipé à mon père…
Mais depuis quelques années je suis passé au reflex numérique et même si je me sens plutôt à l’aise dans ce format, il est tout à fait envisageable de faire à nouveau les yeux doux à l’argentique dans le futur. Rien n’est figé.
Pour ce qui est de la couleur ou du noir et blanc, tout me va ! Cela dépend surtout de l’inspiration du moment, du chemin que j’emprunte, où je souhaite emmener le spectateur…

Est-ce que c’est ce qu’on va retrouver dans ton exposition ?

« Entre brumes et états d’âme » est une série très intimiste… Loin des montagnes majestueuses qui jalonnent notre pays, à mille lieues des océans qui caressent nos rivages, je viens partager avec vous les paysages qui sont mon quotidien. Mon « ordinaire extraordinaire » comme j’aime à l’appeler. Ici point de voyage fabuleux et exotique ! Juste ma campagne en toute intimité, au fil des saisons, surprise au cœur des brume, dans ces instants suspendus où la poésie et l’onirisme prennent le pas sur la réalité… Des moments si propices à mon sens aux « errements de l’esprit« .
Ainsi au delà d’un voyage, c’est à une rencontre que je vous invite en toute humilité au fil de mes états d’âmes.

Y a-t-il un style photographique qui t’attire et auquel tu n’as pas encore touché ?

Même si aujourd’hui je me raconte par le biais d’images dites de « nature« , j’aime à croire que l’aventure photographique est ponctuée de multiples croisements et autres chemins de traverses. Aussi, je veux me laisser le droit de faire évoluer mes choix au fil du temps en fonction des envies. En photo, l’émotion prime sur la raison !

Pour certains la chanson française, c’est Brassens, Brel… Et ton style photo de prédilection, pour toi c’est QUI ?

Impossible de citer des noms ! Trop de photographes me fascinent par leur travail ! Dans des « styles » différents, chacun dans son approche singulière et intime. Parfois je m’y retrouve, parfois je m’interroge ; toujours je me passionne. Choisir c’est renoncer et ça, je ne peux m’y résoudre !

Le site Internet de Philippe ISABEY

interview_PI

ConflandeypaysagesPhilippe Isabey

Raphael ZERR • 5 mai 2016


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